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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 00:00

Pour ceux qui peuvent... J'y serai!

 

Vous êtes invités au lancement du n°29

 

 de la revue Rue Saint Ambroise

 

Le samedi 5 mai à 18h30

 

à La Maroquinerie

 

 

 

 

Lectures d'extraits du numéro : La collection Cécile-Marie Hadrien // S'en séparer Didier Volphe // De n’avoir pu te rencontrer Françoise Cohen // Epectase Emmanuelle Favier // Like a rolling stone Gilles Piazo // Big machine Gilles Bertin  // Communion Marcos Crotto // La cruauté Claire d’Hennezel // Bahut Clément Nivôse

 

 

 

 

La Maroquinerie

23, rue Boyer Paris 20 (métro Gambetta)

 

PS: une version audio de la nouvelle ainsi qu'un bref portrait sont d'ores et déjà disponibles sur le site de la Revue.

 


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commeunratfaitsonterrier - dans En vrac
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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 17:08

Puis il y a le jour où ça arrive.

Le jour où il referme sur nous la porte de l’appartement pour aller définitivement loger ailleurs et construire lui-même son histoire propre, loin de la nôtre dorénavant mais la charriant néanmoins derrière comme une charrue invisible, une structure inconsciente cimentée par les années passées côte à côte – même si chacun tant bien que mal avait tenté de conserver dans l’espace commun le sien propre.

On a beau s’y préparer, jamais les émotions qui peuplent cette journée – celle-là et les suivantes j’imagine - ne correspondent à ce que l’on avait  réussi à anticiper ; toujours en cet instant débordent le cadre rationnel dans lequel on avait voulu à toutes forces les faire tenir, les faire passer. Dans ce minuscule trou d’aiguille qu’a pourtant découpé avec peine et dans l’infini des possibles notre imagination bornée.

Dur de sentir juste, et par avance. Parce que ce départ définitif libère et angoisse ; soulage et oppresse ; suit le cours des choses tout en le faisant pourtant s’incurver radicalement ; laisse brusquement le champ libre - pour nous qui restons derrière la porte - à un nouvel inconnu à investir : vivre seul à nouveau, et à nouveau chercher la force d’écrire.

Bal des contraires.

Immense satisfaction et peur démesurée ; celle de ne plus être capable, de ne plus y arriver.

Pas si simple finalement de laisser son envol à ce qui sort de soi, à ce qui est soi. C’est toujours beaucoup plus subtil que l’idée qu’on en a. De lui laisser la liberté d’aller se frotter, se déformer au contact du dehors, la possibilité de vivre entièrement hors sans que nous n’ayons plus qu’un contrôle lointain sur les interprétations qu’il pourra subir, les directions incongrues et parfois inquiétantes qu’il prendra. Il reste influençable, vous savez…

Mais l’heure arrive ; l’heure est venue.

La porte s’est refermée.

Venue pour lui de peut-être vous rencontrer et de trouver place dans votre vie : ami, copain, vague connaissance suscitant l’indifférence ou le dédain, ennemi pourquoi pas - pour ceux qui en ont besoin. De prendre le risque de muter, se transformer au frottement de vos sensibilités, revêtir des visages que je ne lui connaîtrai jamais.

L’heure est venue ; et grand merci a ceux qui l’ont rendue effective, l’ont arrachée aux eaux troubles de l’espérance pour me permettre d’en vivre réellement toute la beauté. A ceux qui ont ouvert la porte et ont permis cette envolée.

A l’équipe de Numériklivres : merci.

A vous : prenez soin de lui !

 

 

                                                                                              Se procurer Une journée de fou

                                                                     

L'heure est venue...
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commeunratfaitsonterrier - dans Une Journée de fou
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 15:58

En avant première et bientôt disponible ici !!

 

JourneeFou_coverV2_600.jpg

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commeunratfaitsonterrier - dans Une Journée de fou
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 11:49

Je l'ai en vis-à vis, debout derrière sa fenêtre, une main en appui sur la poignée; l'autre dans une poche, probablement.

Il regarde dans la rue.

Passe de longues minutes à regarder dans la rue, et plusieurs fois par jour.

Alors, même si je n'ai jamais vraiment calculé combien de temps il pouvait y rester effectivement sur une journée, je me rends bien compte que des heures entières sont englouties comme cela, immergées dans ce regard vide perdu sur le trottoir.

Je me demande bien ce qu'il peut y avoir de si intéressant, dans cette rue.

Je la connais bien et il y a très peu de passage. Quelques vieilles personnes du quartier qui tous les matins - sauf le lundi - gravissent péniblement son fort dénivellé pour se rendre au marché situé juste un peu plus haut, sur le Boulevard ; ou qui en reviennent, campées sur leurs talons, traînant leur caddie coiffé de feuilles de poireaux ou, beaucoup plus rarement, de bouquets de fleurs. Quelques ombres aussi qui filent sans même regarder avant de traverser sa chaussée la plupart du temps déserte, passent rapidement d'un trottoir à l'autre et poursuivent leur trajectoire, ne faisant onduler que furtivement la surface plane de son champ de vision.

Soudain il en saisit une en particulier, carnassier à l'affût qui passe brusquement à l'attaque, tourne la tête jusqu'à la limite de ses possibilités physiologiques, colle son front au carreau pour pouvoir la suivre le plus longtemps possible, ne la perdre qu'au dernier moment de vue.

A-t-il espoir que l'une d'entre elles s'arrête finalement et pénètre dans une allée, franchisse une porte qu'elle n'a pas l'habitude de franchir et qu'il se passe enfin quelque chose? Pense-t-il la connaître? Ou s'occupe-t-il simplement, joue-t-il machinalement avec quelques secondes et pour le plaisir, comme un chat avec le fil de laine qu'il trouve par hasard sous sa patte?

Des espaces aussi vides dans un environnement aussi saturé que la ville, c'est à ne pas même en envisager la possibilité.

Et il secoue faiblement la tête en signe d'incompréhension et de perplexité.

Pendant de longues minutes secoue la tête. 

Des heures aussi dilatées au coeur de l'instantanéité qui préside à la transmission de l'information, à la frénésie alentour - les marchés financiers qui s'emballent, emballent la campagne présidentielle qui s'affole, affole les médias qui se lancent dans la course au scoop, coupe ma journée en fines lamelles d'informations primordiales juxtaposées et continues - c'est à ne plus rien y comprendre ; à en secouer la tête d'impuissance à penser.

Parfois, un petit rictus vient périodiquement compléter le lent balancement du visage, un de ceux qui appartiennent à l'espèce particulière de moue que dessine l'ignorance autour de la bouche de celui à côté duquel elle s'arrête. 

Un blues se déclenche, habille progressivement la rue d'une mélancolie moins brute, moins grossière que celle du silence ordinaire et poisseux qui l'emplissait jusque-là ; l'habille de la mélancolie presque surnaturelle d'un de ces vieux twelve bars à la guitare slide qui peuplaient la solitude des champs de coton et lui parvient de très loin à présent, à travers le grésillement blanc d'un vynil à bout de souffle.

Il commence à fredonner ; ses lèvres à nouveau se dynamisent autour d'un discours structuré, abandonnant le piteux laisser-aller musculaire qui trahit tout autour d'elles le brusque temps d'arrêt d'une pensée en panne sèche. 

Je sais que c'est un blues parce que le balancement du crâne change lui aussi rapidement de feeling et en un fondu rapide quitte le flou rythmique du désoeuvrement pour devenir résolument ternaire, mimer le shuffle en se calquant sur sa fréquence ondulatoire souple et régulière. Sa main lâche alors la poignée et de ses doigts un peu engourdis claque la pulsation.

Un pâle sourire éclaire même faiblement son visage.

Reprend un peu ses esprits, on dirait. Se retourne lentement pour regarder la pendule accrochée juste au-dessus de son bureau, dans le fond de la pièce. 

Merde !

Déjà l'heure de partir au turbin et pas une ligne écrite sur la page blanche de l'écran, depuis longtemps ensevelie sous le voile noir de  la mise en veille automatique.

Combien de temps je suis encore resté là? A me poser ces mêmes questions débiles? Ces mêmes questions sans réponses? A me voir en vis-à-vis et dans le reflet de la fenêtre d'en face regarder pendant de longues minutes dans la rue, et plusieurs fois par jour, en me demandant ce que je pourrais bien écrire? 

 

En vis-à-vis
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commeunratfaitsonterrier - dans En vrac
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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 10:27

 

Construire l'intime.

 

N'ai jamais tenu de Journal.

Ou alors de manière très irrégulière, avec des phases très courtes de fonctionnement.

Peut-être parce qu'écrire sur moi-même, en cercle fermé, ne m'a jamais vraiment intéressé. Et la session "En Vrac" ouverte à cet effet sous windows ne compte que quelques menues unités A4 clairsemées pour plus de deux ans d'existence et beaucoup plus de pages écrites dans d'autres dépendances parallèles du système.

Peut-être aussi parce que la fiction seule aimante mes mots et qu'une fiction pour soi-même ne mérite pas l'effort qu'on y consacre, ne se légitime pas suffisamment pour que l'on puisse trouver la force de l'entreprendre.

Peut-être parce que notre petite histoire à nous, notre petite affaire privée ça ne concerne finalement pas grand monde, pas même nous-mêmes. Par-delà ce que l'on veut à toute force nous faire croire : que là est notre force, notre réel potentiel, notre pouvoir de visibilité, de buzz, notre devenir star.

Paradoxal web, tête de Janus : en même temps supermarché du Moi (bien plus que la télé, c'est dire... Et pourtant les émissions sur sur ma vie, mes goûts, mes confidences, mes petits problèmes et mes gros soucis, combien sur chaque chaîne...?), autel à la gloire de l'exhibition et de l'intimité livrée brute à la surface de l'écran et possibilité même, par le vecteur qu'il représente, de prendre la parole pour tenter de s'en construire à soi-même une nouvelle, branchée sur les évènements de pensée qui le traversent.

Une intimité de rat ; de discours, de langue.

Et bien sûr exit les filtres culturels préexistants qui rendaient l'entreprise hasardeuse, réservée aux quelques happy-few qui passaient entre les mailles du filet culturel. Plus besoin d'être édité pour être lisible alors pour celui sur qui ça tombe, ce besoin inexplicable de piocher dans la langue, avoir la liberté d'assouvir son désir d'écrire sous une forme nouvelle, quelque soit le moment de sa vie où il accède à l'efficience.

Pour mon compte relativement tard et il n'y a pas si longtemps.

Pas étonnant alors que j'enfonce comme cela des portes grandes ouvertes. Que je commence à peine à mâcher des théories digérées depuis des lustres, des trucs que tout le monde sait et que beaucoup pratiquent depuis des années mais qui m'apparaissent néanmoins comme des vérités neuves, des perspectives inédites qui, dépourvu que j'étais de cette présence à mes côtés de l'écrit, ne me concernaient pas, ou de très loin. Pas intimement. Pas comme aujourd'hui.

Débuter : accepter d'emboîter le pas et de s'extasier bêtement devant la beauté restée vierge de sentiers par d'autres mille fois foulés.

Alors après deux grosses années et la pratique solidement ancrée en moi comme une sale habitude, voilà que je bifurque vers le blog : vers la possibilité de construire une pensée, une fiction qui pourrait aller plus loin qu'elle n'irait dans la seule perspective éditoriale, la seule réalisation de textes embrassant, parfois dans notre dos comme une pensée de derrière la tête, un certains nombre de canons, normes et contraintes. Même si j'espère que ça continuera à rester une part importante du travail. Et même si l'édition numérique ouvre aujourd'hui encore plus la porte à l'insolite, encourage peut-être comme jamais l'invention et la liberté formelle. 

Pas pour rien qu'on publie traditionnellement les Journaux, les Lettres et que pour un auteur que l'on aime, c'est parfois un régal et une part accrue d'épaisseur lovée au coeur de la trace que nous gardons de ses textes.

Parce que tout Journal, toute activité épistolaire soutenue penche à un moment nécessairement du côté de la fiction et qu'il n'y a pas, dans l'acte d'écrire, quelque chose qui relèverait de la littérature et quelque chose qui, dans la langue, lui échapperait entièrement. Chaque phrase est grain de sable d'un tiers monde en devenir, d'un désert en devenir, rouage indispensable au fonctionnement global de la machine d'écriture.

Boite à fictions donc ; ce blog comme le reste. Et sans prétention autre que d'être partie de la construction d'un discours intime motivée par sa diffusion potentielle. 

Des fictions ; mais pas du faux, pas des mensonges. Bien plutôt par-ci par-là peut-être - et par l'un(e) ou l'autre d'entre vous pêchés dans le tas comme à la ligne - porteuses de quelques effets de vérité.

Pas de révélations brutes non plus mais des témoins d'activité, des seuils d'intensité ça et là greffés au grand réseau numérique, bouteilles à la mer du web ; autour de ce que je souhaiterais plus profondément comprendre de ma démarche balbutiante, de ce qui se présentera devant moi comme matériau épars ou interrogations à traiter pour construire, continuer à creuser et autant que faire se peut les différentes galeries de mon terrier.

Un relais, aussi : miroir du boulot réalisé par ailleurs avec les textes proposés aux éditeurs et qui auront la chance d'être acceptés ( un déjà, Roman, en 100% numérique avec Numeriklivres ; normalement c'est pour bientôt... Une nouvelle aussi, dans le prochain numéro de la revue Rue Saint Ambroise ; à paraître en mai...)

Alors à ce titre et en même temps que partie, lieu de la médiation entre ces deux versants d'une tentative d'invention de soi.

En dernier recours aussi famille d'accueil pour les pages qui finalement resteront orphelines, usées de cogner leurs phalanges meurtries aux bois des portes closes.

 

 

 

Boite à fictions.
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