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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 15:28

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

L’Affect, qu’on dit une Passion de l’âme, est une idée confuse, par laquelle l’Esprit affirme une force d’exister de son Corps, ou d’une partie de son Corps, plus grande ou moindre qu’auparavant, et dont la présence détermine l’Esprit lui-même à penser à ceci plutôt qu’à cela.

   (Ethique III Définition générale des affects Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #10
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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 09:44

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Cet effort (de persévérer dans son être), quand on le rapporte à l'Esprit seul, s'appelle Volonté ; mais quand on le rapporte à la fois à l'Esprit et au Corps, on le nomme Appétit, et il n'est, partant, rien d'autre que l'essence même de l'homme, de la nature de qui suivent nécessairement les actes qui servent à sa conservation ; et par suite l'homme est déterminé à les faire. Ensuite, entre l'appétit et le désir il n'y a pas de différence, sinon que le désir se rapporte généralement aux hommes en tant qu'ils sont conscients de leurs appétits, et c'est pourquoi on peut le définir ainsi : le Désir est l'appétit avec la conscience de l'appétit. Il ressort donc de tout cela que, quand nous nous efforçons à une chose, quand nous la voulons, et aspirons à elle, ou la désirons, ce n'est jamais parce que nous jugeons qu'elle est bonne ; mais au contraire, si nous jugeons qu'une chose est bonne, c'est précisément parce que nous nous y efforçons, nous la voulons, ou aspirons à elle, ou la désirons.

   (Ethique III Prop IX Scolie Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #9
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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 10:13

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Selon que les pensées, et les idées des choses, s'ordonnent et s'enchaînent dans l'Esprit, de même très exactement les affections du Corps, autrement dit les images des choses, s'ordonnent et s'enchaînent dans le Corps.

                                

                                               DEMONSTRATION

L'ordre des idées est le même que l'ordre et l'enchaînement des choses, et inversement l'ordre et l'enchaînement des choses est le même que l'ordre et l'enchaînement des idées. Et donc, de même que l'ordre et l'enchaînement des idées dans l'Esprit se fait selon l'ordre et l'enchaînement des affections du Corps, de même inversement l'ordre et l'enchaînement des affections du Corps se fait selon que les pensées, et les idées des choses, s'ordonnent et s'enchaînent dans l'Esprit. CQFD.

    (Ethique V Prop I et démonstration Trad Bernard Pautrat)

 

 

 

Un été avec Spinoza #8
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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 10:19

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Pour ce qui touche, en outre, au second point, les choses humaines iraient à coup sûr bien plus heureusement s'il était tout autant au pouvoir de l'homme de se taire que de parler. Or l'expérience enseigne plus que suffisamment qu'il n'est rien que les hommes aient moins en leur pouvoir que leur langue, et rien qu'ils puissent moins maîtriser que leurs appétits ; d'où vient qu'ils croient, pour la plupart, que nous ne faisons librement que ce à quoi nous aspirons légèrement, parce que l'appétit pour ces choses peut aisément être réduit par le souvenir d'autre chose que nous nous rappelons fréquemment, et que nous ne faisons pas du tout librement ce à quoi nous aspirons avec un grand affect et que le souvenir d'autre chose ne peut apaiser. Mais à vrai dire, si d'expérience ils ne savaient que nous faisons plus d'une chose dont nous nous repentons ensuite, et que, quand nous sommes en proie à des affects contraires, nous voyons le meilleur et nous faisons le pire, rien n'empêcherait qu'ils croient que nous faisons tout librement. Ainsi croit le bébé aspirer librement au lait, et l'enfant en colère vouloir la vengeance, et le peureux la fuite. L'homme ivre, ensuite, croit que c'est par un libre décret de l'Esprit qu'il dit ce que, redevenu sobre, il voudrait avoir tu : ainsi le délirant, la bavarde, l'enfant et bien d'autres de cette farine, croient que c'est par un libre décret de l'Esprit qu'ils parlent, alors qu'ils ne peuvent contenir l'impulsion qu'ils ont à parler ; si bien que l'expérience elle-même montre, non moins clairement que la raison, que les hommes se croient libres pour la seule raison qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par quoi elles sont déterminées ; et en outre, que les décrets de l'Esprit ne sont rien d'autre que les appétits eux-mêmes, et pour cette raison varient en fonction de l'état du Corps. Car chacun règle toute chose à partir de son propre affect, et en outre, ceux qui sont en proie à des affects contraires ne savent pas ce qu'ils veulent ; et, quand à ceux qui n'en ont point, il suffit de très peu pour les pousser ici ou là.

   (Ethique III Prop II Scolie Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #7
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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 09:32

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique.

 

A l'égard de la deuxième objection, je réponds en niant que nous ayons le libre pouvoir de suspendre notre jugement. Car quand nous disons que quelqu'un suspend son jugement, nous ne disons rien d'autre, sinon qu'il voit qu'il ne perçoit pas la chose de manière adéquate. Et donc la suspension du jugement, en vérité, est une perception, et non une libre volonté.

   (Ethique II Prop XLIX Scolie trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #6
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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 12:12

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Dans l'Esprit il n'y a aucune volition, autrement dit aucune affirmation et négation, à part celle qu'enveloppe l'idée, en tant qu'elle est idée.

La volonté et l'intellect sont une seule et même chose.

   (Ethique II Prop XLIX et Corollaire Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #5
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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 11:06

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Or, encore que les choses soient telles qu'il ne reste pas de raison de douter, j'ai pourtant peine à croire que, à moins de prouver la chose par l'expérience, je puisse induire les hommes à examiner cela d'une âme égale, tant ils sont fermement persuadés que c'est sous le seul commandement de l'Esprit que le Corps, tantôt se meut, tantôt est en repos, et fait un très grand nombre de choses qui dépendent de la seule volonté de l'Esprit et de l'art de penser. Et, de fait, ce que peut le Corps, personne jusqu'à présent ne l'a déterminé, c'est à dire, l'expérience n'a appris à personne ce que le Corps peut faire par les seules lois de la nature en tant qu'on la considère seulement comme corporelle, et ce qu'il ne peut faire à moins d'être déterminé par l'Esprit. Car personne jusqu'à présent n'a connu la structure du Corps si précisément qu'il en pût expliquer toutes les fonctions, pour ne rien dire du fait que, chez les Bêtes, on observe plus d'une chose qui dépasse de loin la sagacité humaine, et que les somnambules, dans leurs rêves, font un très grand nombre de choses qu'ils n'oseraient faire dans la veille ; ce qui montre assez que le Corps lui-même, par les seules lois de sa nature, peut bien des choses qui font l'admiration de son Esprit. Ensuite, personne ne sait de quelle façon, ou par quels moyens, l'Esprit meut le Corps, ni combien de degrés de mouvement il peut attribuer au Corps, et à quelle vitesse il peut le mouvoir. D'où suit que, quand les hommes disent que telle ou telle action du Corps naît de l'Esprit, qui a un empire sur le Corps, ils ne savent ce qu'ils disent, et ils ne font qu'avouer, en termes spécieux, qu'ils ignorent sans l'admirer la vraie cause de cette action.

   (Ethique III Prop II Scolie Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #4
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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 13:00

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Je dis expressément que l'Esprit n'a ni de lui-même, ni de son propre Corps, ni des corps extérieurs une connaissance adéquate, mais seulement une connaissance confuse et mutilée, chaque fois qu'il perçoit les choses à partir de l'ordre commun de la nature, c'est à dire chaque fois qu'il est déterminé du dehors, à savoir par la rencontre fortuite des choses, à contempler ceci ou cela, et non déterminé du dedans, à savoir de ce qu'il contemple plusieurs choses à la fois, à comprendre en quoi ces choses se conviennent, diffèrent ou s'opposent ; chaque fois en effet que c'est du dedans qu'il se trouve disposé de telle ou telle manière, alors il contemple les choses de manière claire et distincte, comme je le montrerai plus bas.

    (Ethique II Prop XIX Scolie Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #3
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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 11:02

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique.

 

Mais avant de commencer à procéder à ces démonstrations selon notre prolixe ordre géométrique, j'aimerais d'abord montrer brièvement ici ce que nous dicte la raison, pour que chacun perçoive plus aisément ce que je pense. Comme la raison ne demande rien contre la nature, c'est donc elle-même qui demande que chacun s'aime lui-même, recherche ce qui lui est utile, ce qui lui est véritablement utile, et aspire à tout ce qui mène véritablement l'homme à une plus grande perfection, et, absolument parlant, que chacun s'efforce, autant qu'il est en lui, de conserver son être. Ce qui, du reste, est aussi nécessairement vrai qu'il est vrai que le tout est plus grand que la partie. Ensuite, puisque la vertu n'est rien d'autre qu'agir d'après les lois de sa propre nature, et que nul ne s'efforce de conserver son être sinon d'après les lois de sa propre nature, de là suit, premièrement, que le fondement de la vertu est l'effort même pour conserver son être propre, et que la félicité consiste en ce que l'homme peut conserver son être. Il suit, deuxièmement, qu'il faut aspirer à la vertu pour elle-même, et qu'il n'y a rien qui vaille mieux qu'elle ou ne soit plus utile, et en vue de quoi on devrait y aspirer. Il suit enfin, troisièmement, que ceux qui se suicident ont une âme impuissante, et se trouvent défaits par des causes extérieures, qui répugnent à leur nature.

     (Ethique IV Proposition XVIII Scolie. Traduction Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #2
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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 09:46

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique.

 

Car je veux revenir à ceux qui préfèrent maudire les Affects et actions des hommes, ou en rire, plutôt que les comprendre. Ceux-là, sans aucun doute, trouveront étonnant que j'entreprenne de traiter les vices et inepties des hommes à la façon géométrique, et que je veuille démontrer de façon certaine ce qu'ils ne cessent de proclamer contraire à la raison, vain, absurde et horrible. Mais voici ma raison. Rien ne se fait dans la nature que l'on puisse attribuer à un vice de celle-ci ; car la nature est toujours la même, et a partout une seule vertu et puissance d'agir ; c'est à dire, les lois et règles de la nature, selon lesquelles tout se fait et passe d'une forme dans une autre, sont partout et toujours les mêmes, et par suite il ne doit y avoir également qu'une seule et même façon de comprendre la nature des choses, quelles qu'elles soient, à savoir, par les lois et règles universelles de la nature. Et donc les Affects de haine, de colère, d'envie etc, considérés en soi, suivent les uns des autres par la même nécessité et vertu de la nature que les autres singuliers ; et, partant, ils reconnaissent des causes précises, par lesquelles ils se comprennent, et ont des propriétés précises, aussi dignes de notre connaissance que les propriétés de n'importe quelle autre chose qui nous charme par sa seule contemplation. Je traiterai donc de la nature des Affects et de leurs forces, et de la puissance de L'Esprit sur eux, suivant la même Méthode que j'ai utilisée dans ce qui précède à propos de Dieu et de l'Esprit, et je considèrerai les actions et appétits humains comme s'il était question de lignes, de plans ou de corps.

                                                Ethique III Préface ( Trad. Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #1
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