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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 17:42

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Cette tristesse qu’accompagne l’idée de notre faiblesse s’appelle Humilité ; et la Joie qui naît de la contemplation de nous-mêmes, Amour-propre, ou bien Satisfaction de soi-même. Et, comme celle-ci se répète toutes les fois que l’homme contemple ses vertus, autrement dit sa puissance d’agir, de là vient donc également que chacun adore raconter ses hauts faits, et faire étalage de ses forces tant corporelles que spirituelles, et que les hommes pour cette raison sont pénibles les uns aux autres. D’où de nouveau il suit que les hommes sont envieux de nature, autrement dit, se réjouissent de la faiblesse de leurs égaux, et, au contraire, s’attristent de leur vertu. Car, chaque fois que chacun imagine ses propres actions, chaque fois il est affecté de Joie, et d’une Joie d’autant plus grande qu’il imagine plus de perfection exprimée par ses actions, et qu’il les imagine plus distinctement, c'est-à-dire d’autant plus qu’il peut mieux les distinguer des autres et les contempler comme des choses singulières. Et donc, là où chacun se réjouira le plus de la contemplation de lui-même, c’est quand il contemple en lui-même quelque chose qu’il nie dans tous les autres. Mais si, ce qu’il affirme de soi, il le rapporte à l’idée universelle d’homme ou bien d’animal, il ne se réjouira pas autant ; et au contraire, il sera triste s’il imagine que ses actions, comparées aux actions des autres, sont plus faibles. Tristesse que du reste il s’efforcera d’éloigner, et ce en interprétant vicieusement les actions de ses égaux, ou bien en enjolivant les siennes autant qu’il peut.

  (Ethique III Prop LV Trad Bernard Pautrat)

 

 

Un été avec Spinoza #15

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commeunratfaitsonterrier - dans Un été avec Spinoza
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