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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 11:37

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

 

Nous avons en effet montré, dans l’Appendice de la Première Partie, que la Nature n’agit pas en vue d’une fin ; car cet Etant éternel et infini que nous appelons Dieu, autrement dit la Nature, agit avec la même nécessité par laquelle il existe. Car, de la même nécessité de nature par laquelle il existe, de la même nécessité il agit, nous l’avons montré. Donc la raison ou cause qui fait que Dieu, autrement dit la Nature, agit, et celle qui fait qu’il existe, est une seule et même raison. De même donc qu’il n’existe en vue d’aucune fin, il n’agit également en vue d’aucune fin ; mais de même que, pour exister, il n’a ni commencement ni fin, de même il n’en a pas non plus pour agir. Et la cause qu’on dit finale n’est rien d’autre que l’appétit humain lui-même, en tant qu’on le considère comme le principe d’une chose, autrement dit comme sa cause primaire. Par ex, quand nous disons que l’habitation a été la cause finale de telle ou telle maison, nous n’entendons alors assurément rien d’autre, sinon que l’homme, de ce qu’il a imaginé les commodités de la vie domestique, a eu l’appétit d’édifier une maison. Et donc l’habitation, en tant qu’on la considère comme cause finale, n’est rien que cet appétit singulier, qui en vérité est une cause efficiente, que l’on tient pour première parce que les hommes ignorent communément les causes de leurs appétits.

    (Ethique IV Préface Trad Bernard Pautrat)

 

Un été avec Spinoza #19

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commeunratfaitsonterrier - dans Un été avec Spinoza
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