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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:28

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

 

Plus cette connaissance, à savoir que les choses sont nécessaires, s’applique aux choses particulières, que nous imaginons de manière plus distincte et plus vive, plus grande est cette puissance de l’Esprit sur les affects, ce qu’atteste également l’expérience elle-même. Nous voyons en effet s’apaiser la Tristesse causée par la perte d’un bien sitôt que l’homme qui l’a perdu considère qu’il n’y avait aucune possibilité de conserver ce bien. Et nous voyons de même que personne ne plaint les bébés de ce qu’ils ne savent pas parler, marcher, raisonner, ni enfin de ce qu’ils vivent tant d’années pour ainsi dire inconscients d’eux-mêmes. Tandis que, si la plupart naissaient adultes, et que l’un ou l’autre naquît bébé, alors on plaindrait chaque bébé, parce qu’alors on considèrerait l’état même de bébé non comme une chose naturelle et nécessaire, mais comme un vice ou péché de la nature ; et nous pourrions faire plusieurs autres remarques dans ce sens.

    (Ethique V Prop VI Scolie Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #23

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commeunratfaitsonterrier - dans Un été avec Spinoza
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