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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 10:11

Lecture aléatoire et non-philosophique de l'Ethique

 

Mais, pour qu’on comprenne mieux cette puissance de l’Esprit sur les affects, il faut avant toute chose remarquer que nous appelons grands les affects, quand nous comparons l’affect d’un homme avec l’affect d’un autre, et que nous trouvons l’un plus en proie au même affect que l’autre ; ou bien quand nous comparons entre eux les affects d’un seul et même homme, et que nous le trouvons plus affecté ou ému par l’un que par l’autre. Car la force d’un affect quelconque se définit par la puissance de la cause extérieure comparée à la nôtre. Or la puissance de l’Esprit se définit par la seule connaissance, et son impuissance ou passion, par la seule privation de connaissance, c’est-à-dire qu’elle s’estime à cela qui fait qu’on dit les idées inadéquates ; d’où il suit que pâtit le plus l’Esprit dont les idées inadéquates constituent la plus grande part, en sorte qu’on le reconnait plus par ce qu’il pâtit que parce qu’il agit ; et, au contraire, qu’agit le plus celui dont les idées adéquates constituent la plus grande part, en sorte que, tout en ayant en lui autant d’idées inadéquates que l’autre, on le reconnaît pourtant plus à celles-là, qu’on attribue à la vertu humaine, qu’à celles-ci, qui plaident en faveur de l’impuissance humaine. Ensuite, il faut remarquer que les chagrins de l’âme, et ses infortunes, tirent principalement leur origine de trop d’Amour pour une chose soumise à beaucoup de variations, et dont nous ne pouvons jamais être maîtres. Car ce n’est jamais que d’une chose qu’on aime qu’on s’inquiète ou s’angoisse, et offenses, soupçons, inimitiés etc, ne naissent que de l’Amour pour des choses dont nul ne peut être véritablement maître.

    (Ethique V Prop XX Scolie Trad Bernard Pautrat)

Un été avec Spinoza #29

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commeunratfaitsonterrier - dans Un été avec Spinoza
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